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Sculpture détruite: "On a oublié les gens"
Ouest-France

(18.07.2014) 

Son oeuvre a été envoyée à la casse, au nom de la sécurité dans un collège. L'artiste Carlos Cruz-Diez réagit dans une lettre


L'oeuvre, une colonne de six mètres de haut, était placée depuis 1972 à l'entrée du collège des Gondoliers à La Roche-sur-Yon. Pendant les vacances de Pâques, le conseil général a tout simplement décidé de la détruire (lire Ouest-France d'hier jeudi). « En mauvais état, elle menaçait de s'effondrer », justifiait le conseil général.

Carlos Cruz-Diez, plasticien de la lumière et sculpteur de cette oeuvre, a voulu exprimer sur le sort de son travail, estimé à 200 000 €. Il a écrit une lettre intitulée, ironiquement, « L'insignifiance de l'art ». Voici ce qu'il y écrit :


« L'homme préserve et aime ce qui fait sens pour lui, écrit Carlos Cruz-Diez. Pour ceux qui ont demandé la destruction de ma « Colonne Chromointerférente » située dans le jardin du collège des Gondoliers, l'art n'existe pas et n'a aucun sens. S'il en avait été autrement, l'oeuvre aurait été entretenue depuis longtemps ; car toute oeuvre, de même que le corps humain, a besoin d'un entretien constant.

Ce qui est grave, c'est que cette oeuvre ne m'appartient plus, ni à ceux qui l'ont fait disparaître : elle est à la collectivité. L'oeuvre d'un artiste, lorsqu'elle est intégrée à un lieu de travail ou à l'environnement, représente pour les gens une référence au vécu, une partie de leur histoire personnelle. En la détruisant, on a oublié les gens.

Je n'ai jamais pensé qu'un tel incident puisse avoir lieu dans un pays que tous considèrent comme cultivé et fervent défenseur des arts. »

Source : www.ouest-france.fr

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